Extraits de « L’Université, une chance pour la France » de Louis VOGEL

Extraits de L’Université, une chance pour la France de Louis VOGEL sur le thème du Collège et de l’Ecole de droit de l’Université Panthéon-Assas Paris-II :

Louis Vogel est le président de l’Université Panthéon-Assas depuis 2006 et l’un des pères fondateurs du Collège de droit d’Assas.

Ces quelques extraits pourront aider les étudiants à comprendre l’environnement global dans lequel le Collège de droit a été créé. Il faut connaître son objectif afin que nous puissions témoigner de la fierté que nous portons à notre Collège et accroître sa réputation.

Dans cet essai, Louis Vogel expose sa vision de l’enseignement supérieur français actuel, tout en proposant par exemple des pistes de réflexion sur la convergence entre universités, grandes écoles et centres de recherches, ou en cherchant à améliorer et différencier les cours dispensés aux étudiants. Une meilleure gestion des établissements français et une visibilité dans les classements internationaux sont aussi des objectifs que se fixe notre président. Louis Vogel est ainsi favorable à une concurrence positive entre les différentes universités qui permettrait d’accroître le niveau général des enseignements dispensés et polariserait certains centres universitaires. Louis Vogel offre des solutions concrètes pouvant « être mises en œuvre immédiatement, avec les outils juridiques et les moyens humains et financiers existants ».

Bertrand D. Secrétaire général de l’Association du Collège de droit

 

Extraits :

« Innover (…) : création du collège de droit, qui délivre un diplôme de haut niveau spécifique à l’Université d’Assas, et mise en place d’un « parcours réussite » pour tenir compte des écarts de niveau et d’aspiration des étudiants (…).»

« Dans notre pays, accepter les différences entre les individus semble un tabou absolu. (…) comme si le contenu du savoir dispensé était le même partout. A l’étranger, c’est parce qu’elles sont différentes que les universités accueillent un plus grand nombre d’étudiants et les font réussir.

C’est pourquoi, en France, chaque université devrait offrir des réponses variées, tenant compte des attentes et des aptitudes de ses étudiants. Assas a déjà commencé ce travail, par exemple en proposant un « parcours réussite » aux étudiants les moins bien armés au sortir du baccalauréat. Ces étudiants, identifiés par nos procédures d’orientation active, qui possèdent les aptitudes requises, mais présentent des lacunes dans l’expression et la méthodologie de travail, sont dispensés de trois matières juridiques et suivent en contrepartie, des cours d’expression française et de culture général.

(…) En outre des ateliers de professionnalisation et des conférences de méthode ouvrent, dans le parcours classique, les étudiants à la « vie professionnelle ».

Parallèlement, le collège de droit d’Assas reçoit des étudiants sélectionnés et leur délivre un diplôme de haut niveau dit « d’université », en plus du diplôme « national ». Ces jeunes, qui ont obtenu la mention très bien au baccalauréat ou réussi des tests de logique juridique, suivent le programme classique, ainsi que des cours destinés à accroître leur bagage de culture générale en leur faisant aborder d’autres matières telles que la philosophie, l’histoire, la sociologie, l’économie, la gestion ou le droit comparé. Généralisées, ces mesures simples nous permettraient de rattraper rapidement les universités britanniques ou américaines, dont le succès s’explique d’abord par la différenciation. »

« Il faut d’abord accepter l’idée que le principe d’égalité formelle, qui traite tous les étudiants de la même façon, quel que soit leur niveau, est largement responsable de l’échec massif au cours des premières années d’études (…). »

« Il est grand temps de rendre les universités françaises aussi attractives que leurs meilleures concurrentes étrangères. Là où d’autres privilégient l’enseignement d’une culture générale, la France perpétue un système monodisciplinaire extrêmement cloisonné. En faculté de droit par exemple, on transmet traditionnellement à l’étudiant des connaissances en droit, et ce, dès le premier jour. »

« Pour être vraiment performant en droit, il faut maîtriser d’autres savoirs : ce principe vaut pour tous les autres domaines de la connaissance. (…) Beaucoup d’avocats appelés à pratiquer le droit des affaires n’ont été formés ni en économie, ni en gestion, ni en finances, ni en comptabilité, ni en stratégie : comment comprendront-ils les problèmes qu’ils devront résoudre ? »

« Autant il est indispensable de se concentrer à la fin de ses études sur les matières dont on deviendra l’expert, autant il paraît souhaitable de s’enrichir d’autres savoirs dans les premières années. »

« Créons des collèges où se poursuivraient des études plus ouvertes et plus intéressantes intégrant des enseignements de sciences, de lettres, d’humanités, le cas échéant avec une dominante et repoussons les cours les plus spécialisés au-delà de la licence. »

« Les étudiants d’aujourd’hui viennent de milieux culturels et sociaux très divers et présentent d’énormes différences. (…) un collège de droit qui accueille les meilleurs étudiants et les fait bénéficier d’une formation enrichie (…). »

« De même, il est vital que les universités mettent en place des filières exigeantes, notamment pour résister à la concurrence des écoles de commerce, des instituts d’études politiques ou des université étrangères, qui sélectionnent à l’entrée. Pour mettre les universités à égalité, il faut les autoriser à recruter des étudiants spécialement choisis pour leur capacité à suivre ces filières qui, sinon, se développeront à l’extérieur de l’université. »

«Encourageons les universités à imiter le comportement des grandes écoles qui créent des réseaux d’anciens, des bureaux de stages, des événements permettant aux professionnels, enseignants et étudiants, de se rencontrer, à l’instar de la Job Fair ou de la soirée des majors d’Assas. »

Extraits de l’ouvrage L’Université, une chance pour la France écrit par Louis Vogel, collection Quadrige aux éditions Presses Universitaires de France (PUF), 10 €, dépôt légal septembre 2010.

Louis Vogel - L'Université, une chance pour la France

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